
Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil : directeurs artistiques de l’Opéra Français de New-York
COMPLICITÉ ET CRÉATIVITÉ…
Bordeaux est le port d’attache de ces deux metteurs en scène au parcours atypique. C’est là qu’ils ont ancré leur vie familiale et qu’ils se ressourcent entre deux productions. Le reste du temps, ils parcourent le monde pour monter des opéras « audacieux et rafraîchissants ».
Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil occupent depuis 2005 les fonctions de directeurs artistiques de l’Opéra Français de New York, l’OFNY pour les fidèles (http://www.ofny.org). Fondée en 1988 par le chef d’orchestre canadien Yves Abel, cette compagnie a pour vocation de faire découvrir les opéras français au public new-yorkais. « Notre tâche consiste à définir la ligne artistique de trois spectacles par saison, à soumettre des projets de développement au « Board » (le comité de direction), et à rechercher des financements, 93 % des fonds étant privés. Pour cela, nous sommes tenus par contrat à séjourner seize semaines par an à New York ».
Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, c’est l’histoire d’une amitié doublée d’une profonde complicité intellectuelle. Ils se sont rencontrés à Science Po Bordeaux. « Nous partagions les mêmes centres d’intérêt et rêvions tous deux de faire une carrière artistique ». Après leurs études, ils se lancent dans la vidéo et, fascinés par l’opéra, abordent cet univers par le biais de documentaires qu’ils réalisent pour France 5 et Arte. « Nous avons exploré tous les genres du documentaire culturel : captation de spectacles, making of, portrait d’artistes… Cette expérience nous a permis de suivre des metteurs en scène, d’observer leur travail et d’apprendre, sur le terrain, les rudiments techniques du métier ».
C’est pour l’Opéra français de New York qu’ils réalisent leur première mise en scène. « A l’occasion d’un tournage sur l’OFNY, nous avons proposé à Yves Abel, le directeur de la compagnie, de monter « Les Pèlerins de La Mecque », un opéra méconnu de Gluck. Yves nous a regardé travailler et a dit OK ! Bien accueilli par la critique, ce premier spectacle, présenté en juin 2001, nous a favorisé l’accès à de grandes scènes. Invités au prestigieux festival de Wexford, en Irlande, nous avons monté Manon Lescaut, puis, l’Opéra de Nantes nous a proposé Les Contes d’Hoffmann, et Thierry Fouquet, directeur de l’Opéra de Bordeaux, nous a confié une nouvelle version de Faust… »
Y a-t-il un style Clarac-Deloeuil ? « Nos choix se portent sur des œuvres qui ont un sous-texte politique et social fort, comme « Le More cruel », notre première création théâtrale, programmée au TNBA, en octobre dernier. Nous recherchons une direction d’acteurs qui soit la plus physique et la plus engagée possible. Ce qui peut caractériser notre travail, c’est aussi la cohabitation d’un jeu parfois très naturaliste avec des images soudain très stylisées. D’un point de vue esthétique, nos scénographies jouent à fond la carte de la théâtralité : éclairage au néon, jamais de rideau, action silencieuse avant le début du spectacle…Nous sommes très sensibles à la cohérence d’ensemble du traitement scénique ».
*Accaparé par une carrière en plein développement, Yves Abel a cédé la direction artistique de l’OFNY à Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, mais il a conservé le poste et les fonctions de directeur musical.
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