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Titre certifié par l'État
Niveau II

exposition

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Yona Friedman au CAPC

Le 13 février au matin, les étudiants de l’Icart ont eu le privilège de visiter en avant-première – visite privée, s’il vous plaît ! – l’exposition organisée dans le cadre d’une nouvelle collaboration entre le CAPC musée d’art contemporain et arc en rêve, centre d’architecture, autour de Yona Friedman. Ainsi ont-ils pu contempler « en vrai » nombre de concepts papier qui ont fait, et font encore, l’immense renommée de l’artiste-architecte français, d’origine hongroise, Yona Friedman.

Un peu de culture…

Né en 1923, Yona Friedman est un « architecte de papier » aux conceptions futuristes. Sa production en plans, maquettes et autres moyens de communication (bande dessinée, par exemple) fait l’objet d’expositions artistiques. Aussi est-il plutôt considéré comme un artiste que comme un architecte. Il produit des pièces d’un « art qui est porteur de messages ».

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graphisme : arc en rêve centre d’architecture - visuel : © Yona Friedman

Quelques dates essentielles…
En 1948 (Israël) : concept de l’habitat qui n’est pas un objet livré à l’habitant. Celui-ci répond aux nouveaux schémas de l’organisation sociale redéfinie (celle de l’Etat naissant).
Dès 1953 : structures spatiales en trames cubiques. Ses projets proposent des mégapoles hors sol qui répondent aux problèmes de la démographie galopante et de la reconstruction après la Seconde Guerre. Ces villes spatiales seraient constituées de cellules d’habitat mobile qui suivraient l’habitant dans ses pérégrinations.
1958-1962 : Groupe d’étude d’architecture mobile (GEAM) avec Frei Otto et Werner Ruhnau
1965 : Groupe International d’Architecture Prospective (GIAP) avec Walter Jonas, Paul Maymont, Georges Patrix, Michel Ragon, Ionel Schein, Nicolas Schöffer

À partir des années 1970, il pose des principes d’auto-planification en rupture avec le rôle dévolu traditionnellement à l’architecte : celui-ci n’est plus le concepteur et l’organisateur, mais il est un consultant fournissant des connaissances en écologie.

« La démarche est systémique, l’architecture n’est pas une esthétique de la construction, et l’architecte est un conseiller du collectif des utilisateurs, il reste cependant un acteur principal, même s’il n’est plus celui qui veut laisser son empreinte pour la postérité. »

On doit retenir que certaines caractéristiques des propositions initiales de Yona Friedman se sont retrouvées dans l’urbanisme et l’architecture des grands ensembles d’habitat populaire de la période high-tech, dans les années 1970 :
- la notion du sol « libéré »
- les circulations spécialisées
- la mixité sociale

En outre, Yona Friedman passe du système des planchers et cloisons amovibles, inventé vers 1950, au système qui fait usage des matériaux locaux tels que les déchets industriels ou le bambou (vers 2000).
Cependant, ne vous y trompez pas, Yona Friedman ne se considère pas comme un utopiste. Le fait est que ses projets, qui ont été présentés aux plus importants concours internationaux, sont d’une techni-cité connue. Et c’est sans compter que ses enseignements ont eu des retombées pratiques sur l’urbanisme. Le lycée Bergson d’Angers, démonstration fameuse de l’application de ses principes d’auto-planification, en atteste largement.

Conclusion : une exposition à ne pas manquer !

Xavier Durand de Gevigney